L’objet du mois : Croix en micro-mosaïque romaine, souvenir du Grand Tour

La technique de la micro-mosaïqueIMG_3233

Les micro-mosaïques sont produites dans trois grandes villes d’Italie que sont Rome, Venise et Florence, dont la production est particulièrement florissante à la fin du XVIIIème siècle et à la fin du XIXème siècle.

Il existe deux techniques de micro-mosaïque : La micro-mosaïque de pierres dures ou « Pietra dura », produite à Florence, et la micro-mosaïque « Smalti filati » dont il sera question ici.

Ce sont de minuscules plaquettes de verre coloré (parfois aussi émail ou faïence), appelées tesselles, qui sont finement ajustées entre elles et placées dans une monture métallique (or, argent, bronze, cuivre, laiton…).

Il faut d’abord fondre le verre pour le modeler en fines baguettes qui sont ensuite découpées à froid en tesselles de 1 à 3 mm ! Le mosaïste les assemble alors entre elles à l’aide de pincettes pour former le motif, un travail extrêmement minutieux et colossal !

Un souvenir du Grand Tour

Le Grand Tour est un long voyage en Europe, qui peut durer jusqu’à 6 ans, effectué par les jeunes gens issus de la haute-bourgeoisie et de l’aristocratie européenne. C’est un voyage initiatique et éducatif réalisé pendant ou juste après les études pour élargir les centres d’intérêts et parfaire les connaissances des humanités grecques et latines. Les destinations principales sont surtout les villes d’Italie, mais aussi la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suisse.

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Saint Pierre de Rome

Il existe depuis le milieu du XVIème siècle et devient une pratique normale, voire nécessaire pour tout jeune homme issu de l’aristocratie cultivée ou destiné à une grande carrière, à partir du XVIIIème siècle. Au XIXème siècle, le Grand Tour devient l’apanage des amateurs d’art, collectionneurs et écrivains et il a entre autres pour effet de faire découvrir l’art antique, favorisant ainsi la diffusion du néoclassicisme.

Grâce au Grand Tour, les bijoux ou croix en micro-mosaïque comme la nôtre se répandent en Europe. Ces pièces faisaient office de souvenir pour ces amateurs d’art éclairés à une époque où la photographie n’existait pas, les ateliers adoptent donc comme sujets de prédilection des paysages d’Italie, des ruines antiques, les grands monuments de Rome et du Vatican.

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Saint Paul Hors les Murs

Il existait à Rome plus de 20 ateliers en 1820 pour satisfaire la demande de ces jeunes collectionneurs.

Notre croix est typique de cette production « touristique » par la représentation des quatre basiliques majeures de Rome :

  • En haut la basilique Saint Pierre de Rome, réputée construite sur la tombe de l’apôtre Pierre
  • A gauche Sainte Marie Majeure, la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge
  • A droite Saint Jean de Latran, cathédrale de l’évêque de Rome (c’est-à-dire le Pape)
  • En bas Saint Paul Hors les Murs, réputée construite sur la tombe de l’apôtre Paul
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Sainte Marie Majeure

Au centre on retrouve le motif de la colombe du Saint Esprit, qui devait surmonter un Christ en métal aujourd’hui manquant, mais dont il subsiste le trou d’attache.

Pour compléter cet ensemble, des fleurettes colorées qui deviendront dans les productions plus récentes le thème principal des micro-mosaïques italiennes, avec les animaux.

 

 

Saint Jean de Latran – Colombe du Saint Esprit – Fleurettes décoratives

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